La danse-thérapie comme soins de support dans la prise en charge du cancer

Après plusieurs semaines au cours desquelles j’ai eu l’occasion de faire découvrir la Danse-Mouvement-Thérapie à de nouveaux publics et de nouvelles structures, je souhaite aujourd’hui partager avec vous mon (début d’) expérience de danse-thérapeute auprès des personnes qui ont le cancer.

J’interviens depuis quelques semaines au pôle « Mieux-être » du Centre Ressource d’Aix-en-Provence au sein duquel je propose un atelier collectif hebdomadaire de danse-thérapie. Et je suis bien obligée de vous avouer (et peut-être en premier lieu à moi-même) que je sors à chaque fois surprise de ces ateliers car malgré la peur de l’inconnu ressentie par les participantes (pour le moment seules les femmes viennent découvrir l’atelier), elles acceptent de se mettre en jeu, de mettre leurs corps souffrants en mouvement pour essayer d’extérioriser, d’exprimer à travers lui, leurs vécus émotionnels, relationnels, physiques en lien avec la maladie du cancer. Et cela fonctionne plutôt bien !

L’objectif de l’atelier est que les personnes puissent exprimer leurs émotions, leurs angoisses, leurs difficultés en 1h30.

Afin de bien vous expliquer ma démarche avec ce public, je me dois avant tout de préciser qu’il s’agit d’un atelier ouvert à toutes personnes adhérentes à l’association qu’elles soient malades, en post-cancer ou de l’entourage d’une personne malade et ce sont elles qui choisissent les activités qu’elles souhaitent faire (avec une orientation de l’équipe d’accueil et d’écoute du centre pour certains). De ce fait, chaque semaine, j’ai un groupe différent (même si certaines personnes peuvent revenir faire plusieurs séances dans l’année) qui participe aux séances de danse-mouvement-thérapie, ce qui m’a amené à repenser, d’une certaine façon, ma manière de travailler et mon dispositif. En effet, d’habitude j’interviens toujours auprès du même groupe (avec 1 ou 2 personnes qui peuvent arriver ou quitter le groupe) pendant une certaine durée d’intervention définie en amont avec la structure. Je pense donc mes ateliers comme des suites d’ateliers avec comme objectif de travailler sur des problématiques spécifiques à évaluer en fin de période d’intervention. Au Centre Ressource, mon rôle est de proposer un espace-temps d’1h30 pendant lequel les participantes puissent se saisir du dispositif pour pouvoir prendre du temps pour elles, pour se faire du bien, pour se faire plaisir et surtout en prendre !

Créativité, imaginaire, relaxation, rythme, improvisation sont autant d’outils utilisés pour accompagner les personnes dans la découverte de leur potentiel créatif, de leurs ressources et dans la nouvelle relation à leurs corps et à leurs identités.

Ainsi, j’ai été amené à aménager le dispositif  de danse-thérapie que j’ai créé : commencer la séance par un moment de relaxation qui amène au mouvement dansé comme moment de transition entre le quotidien et l’extra-quotidien, utiliser les improvisations dansées, avec ou sans objets, comme moment privilégié de rencontre avec soi-même mais aussi avec les autres, intégrer le dessin comme moment de recentrage mais aussi et surtout comme temps de résonance afin de laisser une trace à l’expérience vécue en plus de la parole.
Ces aménagements amènent en douceur, les participantes a la découverte de leurs corps meurtris, douloureux, différents, mais aussi à la découverte du dispositif, du groupe, de l’autre pour aller vers un lâcher-prise, un amusement, où des souvenirs reviennent, des moments douloureux, des moments de fatigue, de doutes mais également des moments de joie, de détente et de confiance en soi qui permettent aux personnes présentes de livrer leurs corps, de se livrer de façon intime au groupe et de partager avec lui ce vécu difficile, cette culpabilité liée à la maladie et qui entraînent un isolement, une dépression, une colère, une angoisse, une mésestime de soi ainsi que des non-dits que seules la créativité et la médiation artistique peuvent supporter et donner à voir ce qui est alors indicible.

N’hésitez pas à partager vos expériences sur ce sujet ou autres. Quant à moi, je vous retrouve bientôt pour vous faire partager mon expérience de danse-thérapie auprès des personnes ayant un handicap mental.

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