Les bienfaits de la danse-thérapie dans la maladie de Parkinson

Pour inaugurer ce blog, j’ai décidé de partager avec vous ma première expérience en Danse-Thérapie (ou DMT), première expérience qui a fait l’objet d’un mémoire de recherche, dans le cadre de ma formation en Art-Thérapie et qui s’intitule : Danse-Rythme-Thérapie et maladie de Parkinson : Effet du rythme dansé sur la triade parkinsonienne chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Je souhaite partager cette expérience et ce travail avec vous car je pense qu’il est important et nécessaire que nous communiquions sur nos pratiques afin de faire connaître et reconnaître notre travail et notre profession. En effet, beaucoup de travaux, ces 10 dernières années, ont été menés sur les effets d’un atelier de danse sur la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ; mais très peu de recherches ont été réalisées sur la relation entre Danse-Thérapie et maladie de Parkinson.
De plus, ce stage et ce travail de recherche ont été très enrichissants et importants dans ma pratique de Danse-Mouvement-Thérapeute car ils m’ont permis d’élargir ma vision du champ d’application de la DMT et de prendre conscience des besoins auxquels peut répondre la Danse-Thérapie auprès des populations qui ont des maladies neuro-dégénératives, autre que la maladie d’Alzheimer.

Cette recherche a eu lieu au cours d’un stage de danse-thérapie d’une durée de 8 mois au sein de l’association France Parkinson de Paris et Val-de-Marne (94). Cette association a pour vocation, entre autre, de « soutenir et assister les malades et leurs proches ; informer et former sur la maladie, les traitements et les aides et encourager la recherche ».

Utiliser le rythme dansé pour faire face à l’arythmie physiologique causée par la dégénérescence des neurones dopaminergiques.

Depuis plusieurs années, une danse-thérapeute ainsi qu’une percussionniste interviennent au sein de cette association de façon hebdomadaire pour animer un atelier de Danse-Rythme-Thérapie. Il s’agit de l’utilisation d’un dispositif spécifique de Danse-Thérapie qui s’appelle l’Expression Primitive, dispositif créé par Herns Duplan , et qui a été revisité par la danse-thérapeute France Scott-Billmann (plus d’informations sur le site de l’Atelier du Geste Rythmé et dans les ouvrages de France Scott-Billmann).
L’objectif de cet atelier est de faire bénéficier aux usagers du rôle à la fois régulateur et stimulant du rythme, afin de palier à la carence de dopamine qui est à l’origine des troubles moteurs et des troubles de l’humeur chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Amplification des mouvements, facilitation de la marche, amélioration de la motricité fine.

Cette recherche n’a pas de résultats significatifs car je n’ai pu observé que 5 participants, mais elle peut nous donner des points d’observation et de réflexion pour un travail plus en profondeur.
Au début de cet article, j’ai parlé de triade parkinsonienne, c’est-à-dire des 3 symptômes physiologiques qui caractérisent la maladie de Parkinson. Il s’agit de la vitesse et de l’initiation des mouvements qui sont ralenties, de la rigidité importante des membres du corps et des tremblements. Ce sont sur ces 3 symptômes que se basent mes observations et ma recherche, mais comme dans toute recherche, un certain nombre d’autres éléments vont apparaître…
Ainsi, au cours des 4 mois d’observation, j’ai notamment pu noter une facilitation dans la marche quotidienne des usagers ainsi qu’une amélioration dans l’amplification des mouvements, malgré une difficulté persistante à initier certains mouvements et une rigidité toujours présente aux niveaux des articulations des membres inférieurs et supérieurs du corps. En ce qui concerne la motricité fine, les résultats suggèrent une rigidité des muscles faciaux qui varie en fonction de l’utilisation de la symbolisation ou non par la danse-thérapeute ainsi que du type de symbolisation (expression des émotions versus expression des animaux par exemple). Enfin, l’utilisation du rythme dansé n’a pas d’impact significatif sur le dernier trouble physique de la maladie : le tremblement.

Les difficultés les plus importantes seraient donc rencontrées par les participants dans leur vie quotidienne d’abord au niveau psychique avant d’être rencontrées au niveau moteur.

Au-delà des observations de l’impact de l’atelier de Danse-Thérapie sur les troubles physiques et neurophysiologiques des participants, cette recherche a mis en avant que les troubles moteurs qui définissent la maladie de Parkinson entraînent des troubles non moteurs qui sont ressentis comme des facteurs plus dégradants de la qualité de vie que les troubles moteurs par les participants. Cela me semble important de le souligner car le travail de la danse-thérapeute ne porte pas seulement sur les troubles moteurs mais aussi sur les troubles psychiques tels que l’image de soi, l’isolement social, la dépression et l’anxiété.

Pour conclure cet article, bien que ces résultats ne soient pas généralisables et montrent un impact relatif du rythme dansé sur les troubles moteurs des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, l’utilisation du rythme dans un atelier de danse-thérapie semble être un outil approprié pour travailler sur ce type de difficultés mais également pour agir sur les troubles non moteurs et les relations interpersonnelles comme peut en témoigner la cohésion de groupe qui s’est créée au sein de l’atelier et le fait que malgré leurs difficultés, les participants se sont très régulièrement déplacés pour participer aux séances.

Vous pouvez avoir un aperçu des ateliers d’Expression Primitive à Vincennes à travers cet article paru dans le journal Le Parisien, article réalisé dans le cadre de la journée mondiale de la maladie de Parkinson, ainsi que par la vidéo ci-dessous.

N’hésitez pas à laisser des commentaires si vous souhaitez partager votre expérience. Vous pouvez également me contacter pour plus d’informations sur ma recherche.

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